Plan de marche en 5 étapes

PLAN DE MARCHE POUR REUSSIR SES INVESTISSEMENTS

Vous souhaitez faire fructifier votre épargne, mais, hésitant, vous vous posez 1000 questions sur le thème de l’investissement… Vous ne savez pas trop par où commencer, vous craignez de faire des erreurs, les termes trop techniques vous rebutent. Et de ce fait, vous n’avez jamais vraiment osé vous lancer…  

Ce « plan de marche en 5 étapes » vous est adressé. De manière accessible et pédagogique, il vous présentera ce qui me semble être les fondamentaux, indispensables pour démarrer correctement vos investissements.

A> Construire des bases saines
B> Déterminer son allocation d’actifs
C> Sélectionner les meilleurs partenaires
D> Quelques principes d’investissement fondamentaux
E> Long terme et intérêts composés : l’effet boule de neige

Construire des bases saines

Connaître et limiter ses dépenses contraintes

Prenez le crayon et, comme pour une entreprise pour laquelle vous seriez le dirigeant, comparez ce qui rentre (vos revenus) et ce qui sort (vos dépenses). Prenez bien note de vos dépenses contraintes (taxes, impôts, alimentation, énergie, téléphonie…).

Calculez le montant de ces dépenses sur une année complète, afin de rendre le résultat plus « parlant ». Ne dit-on pas que « les petits ruisseaux font les grandes rivières » (proverbe du 17ème siècle) ?

Repérez les postes que vous pouvez facilement optimiser et n’oubliez pas que ce capital économisé pourra alors être investi et fructifier sur le long terme (pensez à l’effet boule de neige des intérêts composés, voir plus bas).

Limiter ses dépenses (et, par corrélation, économiser) constitue sans doute le moyen le plus efficace, et aussi le plus basique, pour s’enrichir. Sans pour autant céder à la frugalité ou à l’ascétisme (même si j’apprécie les idées véhiculées par Gandhi), essayez de maitriser votre budget.

Pensez notamment à ouvrir un compte dans une banque en ligne, ce qui réduira vos frais bancaires annuels d’une centaine d’euros (carte bancaire gratuite, aucun frais de tenue de compte…). Ce comparatif pourra vous aider à choisir la meilleure banque en ligne.

Pensez aussi à vérifier que votre fournisseur en électricité et/ou en gaz propose les meilleurs tarifs. Changer de fournisseur en énergie demande 10 minutes et l’opération est totalement dématérialisée et invisible pour le client.

Il est très facile d’agir sur de nombreuses dépenses contraintes (frais bancaires, énergie, mutuelle santé…) et de les diminuer sans efforts exagérés !

Dans tous les cas, vous devez connaître précisément les flux de trésorerie de votre foyer (revenu-dépense) car le capital épargné pourra (éventuellement) être investi.

Prévoir une épargne accessible rapidement

Cette épargne ne doit pas être investie (au sens premier du terme) sur des classes d’actifs risquées (comme les actions) ou bloquées sur le long terme (sur des SCPI par exemple). Elle doit être mobilisable de suite, si nécessaire.

Dans cette catégorie, on trouvera tout d’abord l’épargne de précaution.

Elle doit être utilisable en cas de dépenses imprévues et urgentes (remplacement d’électroménager, réparation automobile, frais de santé coûteux…). On considère que cette épargne de précaution peut représenter 3 à 6 mois de salaire. Cette épargne doit vous permettre d’affronter sereinement des coups durs, sans remettre en question votre plan de marche.

Conserver 2 ans de salaire sur des supports monétaires (livret A…) et/ou un compte courant revient à priver votre patrimoine d’un rendement supplémentaire. Si vous souhaitez un placement sans risque, pensez au moins à orienter une partie de ce capital vers un contrat d’assurance-vie en ligne sans frais de versement !

Enfin, on inclut également dans cette catégorie l’épargne destinée aux projets.

Ces projets peuvent être récurrents (comme les vacances par exemple) ou importants (comme l’acquisition d’une résidence principale, demandant souvent un apport en capital). Cette épargne doit absolument être investie sur des supports sans risque et mobilisable rapidement (actifs monétaires, voir un contrat d’assurance-vie pour les projets immobiliers assez lointains).

Essayez de budgétiser ces projets à l’avance chaque année, afin d’éviter de voir vos Livrets se gonfler inutilement de liquidités et placer le reste en (à minima) Assurance-Vie…

Le reste de votre épargne mensuelle pourra être investi (de manière diversifiée) sur plusieurs classes d’actifs différentes.

Mais comment rendre votre « épargne investissement » la plus rémunératrice possible ?

Connaitre son allocation d’actifs actuelle

Par « allocation d’actifs », on entend simplement la répartition de votre patrimoine par classes d’actifs.

Pour éviter toute confusion, distinguons tout de suite « actif financier » et « classe d’actifs ». Une classe d’actifs est composée d’actifs financiers possédant les mêmes caractéristiques (c’est-à-dire fortement corrélées entre elles) en terme de rendement espéré, de risque, de volatilité, de liquidité.

Par exemple, la classe d’actifs « actions » pourra comporter différents actifs financiers :

  • des titres vifs côtés en bourse (Sanofi, Michelin, EDF…) à détenir sur PEA, CTO ou assurance-vie
  • des fonds d’investissement nommés OPCVM (sous 2 formes juridiques : SICAV ou FCP), très répandus,
  • des trackers ou ETF (des fonds côtés répliquant des indices boursiers)
  • des UC (Unités de Compte), englobant les OPCVM et ETF disponible sur les contrats d’assurance-vie

Habituellement, on distingue 5 classes d’actifs :

  1. Monétaire : épargne sur Livrets (LA, LEP…) et comptes bancaires, CEL, PEL, SICAV monétaires
  2. Immobilier : résidence principale, résidence secondaire, investissement locatif, SCPI, REITS, SIIC

  3. Obligations : fonds euros et UC Obligations des contrats d’assurance-vie, obligations en direct, OPCVM obligations

  4. Actions : actions en direct, OPCVM Actions, UC Actions

  5. Autres (matières premières et placements exotiques ou « plaisir » comme les œuvres d’art, le vin…) 

Les performances des différentes classes d’actifs ne sont pas liées entre elles, mais obéissent à des cycles de hausse et de baisse différents. La corrélation entre elles est faible. Par exemple, quand les obligations d’Etat baissent, les actions peuvent monter et l’immobilier stagner.

Il est difficile (voir quasiment impossible) de savoir à l’avance quelle classe d’actifs augmentera le plus à l’avenir.

Cette illustration (avec une vision américaine – car issue de ce site US – mais ça ne change rien) nous renseigne sur les rendements annuels par classes d’actifs.

La légende de ce document nous montre les différents financiers utilisés pour ce comparatif :

  • Lg Cap (Large Cap) : Actions US de grande capitalisation (Indice S&P500)
  • Sm Cap (Small Cap) : Actions US de petite capitalisation (Indice Russell 2000)
  • Int’l Stk (International Stocks) : Actions internationales (Indice MSCI EAFE)
  • EM (Emerging Market Stocks) : Actions des pays émergents (Indice MSCI Emerging Markets)
  • REIT : Foncières cotées = immobilier international (indice FTSE NAREIT All Equity Index)
  • HG Bond (High Grade Bonds) : obligations internationales (indice Barclay’s US Aggregate Bond Index)
  • HY Bond (High Yield Bonds) : obligations  (indice BofAML US High Yield Master II Index)
  • Cash : taux à 3 mois du Trésor américain
  • AA : Asset Allocation Portfolio 15% Lg Cap + 15% Int’l Stk + 10% Sm Cap + 10% EM + 10% REIT + 40% HG Bond

Ce tableau utilise des indices boursiers pour représenter chaque actif financier. En schématisant, un indice boursier représente la performance moyenne d’un ensemble de valeurs. Par exemple, l’indice S&P500 représente la performance des 500 valeurs les plus importantes (en capitalisation boursière) cotées à la Bourse de New-York (tous secteurs d’activité confondus). Ces 500 titres représentent 80% de la capitalisation boursière totale du marché.

Des actifs financiers répliquent la performance de ces indices, il s’agit des Trackers. Cet article présente leur fonctionnement.

Vous constatez à la lecture de ce tableau que, sur 15 ans, selon les années, la performance des différentes classes d’actifs diffère beaucoup.

Mettez tout cela à plat sur une feuille A4, pour obtenir une « photographie » à l’instant T de votre patrimoine. Vous aurez le point de départ de votre plan de marche, afin de faire fructifier efficacement votre « épargne investissement », en conservant une approche patrimoniale.

WARNING – Ne cherchez pas à défier le marché, à l’anticiper et à parier sur une classe d’actif unique. Parfois, cela peut fonctionner, mais sûrement pas à tous les coups ! Restez sage, soyez humble et pensez absolument à diversifier votre patrimoine à travers plusieurs classes d’actifs.

Etablir son allocation d’actifs cible

Bien entendu, chaque investisseur cherche à construire l’allocation d’actifs la plus performante, celle offrant les meilleurs rendements pour son épargne investissement. Toutefois, un rendement est toujours associé à un risque plus ou moins important selon les classes d’actifs présentés ci-dessus.

Risque et rendement des classes d’actifs sur le long terme

Un investissement s’étale généralement sur plusieurs années (personnellement, c’est ainsi que je l’envisage). Il est utile de connaitre les performances moyennes, mais aussi et surtout les risques de chaque classe d’actifs sur le long terme. Sur ce point, je ne saurais trop vous conseiller de lire l’ouvrage suivant : les Placements de l’Epargne à Long Terme.

Jean-François de Laulanié nous offre quelques tableaux très instructifs, construits avec des données s’étalant sur 150 ans pour la France et les Etats-Unis.

Vous constaterez que, sur la période 1857-2002, pour un horizon de placement de plus de 10 ans, les fréquences de perte sont quasi-nulles (4%) sur les actions françaises. Sur la même période, la perte maximale est plutôt limitée (12%), alors que sur le même temps, ces actions ont apporté un rendement annuel moyen de 9,4%.

Enfin, avec une durée de détention de 10 ans, les actions ont 85% de chance d’offrir un rendement supérieur à celui des obligations (et même 90% au-delà de 15 ans).

Inversement, sur la même période 1857-2002 en France, un placement obligataire (avec 5,8% de performance annuelle) couvre à peine l’inflation.

Les différentes classes d’actifs affichent des caractéristiques différentes en matière de rendement et de risque, mais ces caractéristiques changent en fonction de la durée d’investissement. Plus la durée de votre investissement est longue, plus le risque devient relatif.

La période de détention de vos actifs financiers joue donc un rôle primordial dans l’élaboration de votre allocation d’actifs.

Mixer risque et performance selon votre horizon de placement

Avant de penser à la performance envisageable, il convient de déterminer le risque supportable par l’investisseur. Le risque est mesuré par la probabilité de perte du capital investi. Afin de déterminer une allocation d’actifs convenable, je vous conseille de vous poser au minimum 3 questions :

  • Est-ce que je présente une aversion au risque – une crainte – élevée ou non ?
  • Sur quelle part de son patrimoine suis-je vraiment prêt à prendre ce risque ?
  • Ai-je devant moi (à coup sûr) un horizon de placement important ou non ?

L’objectif est de créer une allocation d’actifs permettant d’atteindre un rendement optimal tout en respectant le risque supportable par l’investisseur sur l’horizon de placement choisi.

Prendre un risque démesuré par une allocation d’actifs très offensive peut engendrer des biais comportementaux liés à la psychologie de l’investisseur (voir plus loin).

Soit dit en passant, certains investisseurs, notamment débutants, redoutent aussi la volatilité de certains actifs et l’apparentent même parfois au risque. A mon humble avis, il s’agit pourtant de deux choses très différentes (voir plus bas).

Il est difficile de conseiller des allocations cibles « prédéterminées », au risque d’imposer des schémas d’allocation prudente (ou défensive), équilibrée (ou modérée) ou offensive (ou dynamique). Jean-François de Laulanié a suggéré des allocations selon l’horizon de placement (5, 10, 15 ou 20 ans). Elles peuvent éventuellement servir de base de réflexion et/ou d’ordre de grandeur

Chacun doit déterminer par lui-même l’allocation d’actifs conforme avec son profil d’investisseur.

Si vous suivez ces exemples d’allocation d’actifs, merci de penser aux contraintes suivantes, recommandées par Jean-François de Laulanié :

  • Il faut conserver cette répartition par des balancements annuels (sans se préoccuper de la conjoncture).
  • Les actions étrangères doivent représenter 50% du portefeuille en actions (par souci de diversification).
  • Même à long terme, ne négligez pas les placements à taux fixe (monétaire et obligations) car ils introduisent un élément de stabilité et diminuent la volatilité globale.

Soyez en tout cas certain de supporter le risque engendré par votre choix d’allocation.

Si vous débutez, orientez-vous très progressivement vers les classes les plus risquées ! Vous pourrez ainsi juger votre psychologie et vos réactions face au marché (voir plus bas), tout en restant serein.

Etre ambitieux mais garder « les pieds sur terre »

L’allocation d’actifs est le principal moteur de la performance des investissements à moyen et long terme. Un investisseur peut être tenté de ne pas la figer totalement et essayer de « jouer » les phases de hausse du marché en augmentant la part des actions et, de la même façon, d’éviter les phases de baisse. Cela revient toutefois à « timer » le marché (ce qui est loin d’être évident) et donc à oublier son allocation d’actifs.

Personnellement, je me contente de suivre mon allocation (car je suis incapable de prédire le marché) et d’atteindre progressivement mon allocation cible.

Gardez aussi à l’esprit que les actions (la classe d’actif la plus rémunératrice, mais aussi la plus risquée et volatile) offrent un rendement annuel de 7% à 9% sur le très long terme.    

WARNING – J’attire aussi votre attention sur les « recettes miracles » promettant un rendement annuel de 20% assuré. C’est (vraiment) au mieux envisageable sur un an ou deux (avec beaucoup de chance et lorsque les conditions idéales sont réunies)… Mais c’est totalement impossible sur le long terme. Ne rêvez pas !

Sélectionner les meilleurs partenaires

Vos meilleurs partenaires seront tout simplement ceux qui vous demanderont le moins de frais.

Quelques soit la classe d’actif, la seule chose dont vous êtes sûr (car c’est indiqué noir sur blanc dans les Conditions Générales), ce sont les frais (que ce soit les frais de gestion et de versement en assurance-vie, les frais de courtage pour les PEA ou les CTO).

Des frais très (trop) importants, prélevés annuellement (sur les contrats d’assurance-vie, sur les OPCVM…) ou ponctuellement (courtage), affecteront significativement votre rendement sur le long terme !

Donc, ouvrez l’œil sur ce point ! Soyez intransigeant sur les frais prélevés sur les produits que l’on vous propose. Des frais de gestion annuels de 0,80% au lieu de 0,50% affectent sérieusement la performance sur le long terme.

Prenez date sur quelques contrats d’assurance-vie

Au minimum, souscrivez à deux ou trois contrats d’assurance-vie sans aucun frais (lors des versements, des arbitrages). Même si vous ne comptez pas les utiliser de suite, il est indispensable de prendre date :

  • pour bénéficier rapidement (8 ans) des meilleures conditions fiscales
  • pour disposer d’un outil très efficace de transmission de patrimoine
  • pour éventuellement en faire une sorte de « super-livret » (au lieu du Livret A)

A terme, il est possible d’utiliser un contrat d’assurance-vie de plus de 8 ans comme une enveloppe pour vos liquidités (même pour des durées de quelques mois). L’abattement annuel sur les retraits permet même de ne pas être imposé sur ce placement !

Ne vous trompez pas, évitez tout contrat issu des banques classiques et sélectionnez plutôt ceux proposés par les meilleurs courtiers en ligne, comme Linxea par exemple.   

Choisissez un courtier en ligne pour votre PEA (et/ou CTO)

De même, choisissez un courtier peu gourmand pour l’achat de vos titres vifs (ou actions) sur PEA et CTO. Si vous investissez sur les marchés européens principaux (France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Belgique…), le courtier Bourse Direct offre les meilleurs rapports qualité/prix (voir ce comparatif).

WARNING – N’accordez pas une confiance aveugle à votre conseiller bancaire. Même s’il peut être honnête, il travaille pour une société, il en est un commercial. Il pourra avoir tendance à « oublier » certains frais ou à maximiser le rendement espéré sur le produit qu’il vous présente. Prenez le temps de la réflexion (chez vous), n’investissez pas dans un produit que vous ne comprenez pas.

Optez pour un Robo-advisor pour la classe d’actifs Actions

Si vous manquez de confiance en vous, si vous ressentez le besoin d’être accompagné dans vos investissements, si craignez toujours les marchés boursiers (malgré ce plan de marche), vous pouvez éventuellement opter pour un Robo-Advisor (version moderne des « gestions pilotées » proposées par certains gérants).

Un Robo-Advisor va gérer votre capital en gestion déléguée (vous choisissez un profil de risque qui déterminera la part des actifs risqués – surtout des actions – dans l’allocation d’actifs et vous lui confiez tout simplement votre capital). Le robo-advisor va prendre les décisions d’achat et de vente des actifs à votre place, vous n’aurez absolument rien à faire.

Ces robots-conseillers (Yomoni, WeSave, Marie Quantier, Advize…), apparus il y a quelques années maintenant, utilisent des algorithmes informatiques pour déterminer les décisions d’arbitrage, toujours validées au final par un jugement humain. Je les ai comparé dans cet article.

Ces Robot-Advisors utilisent exclusivement des Trackers (très peu chargés en frais) dans leurs allocations d’actifs, ce qui devrait leur permettre de battre les performances des OPCVM. Toutefois, cette gestion pilotée a un coût (0,70% maximum chez Yomoni par exemple).    

Cette gestion pilotée est proposée sur plusieurs supports : contrat d’assurance-vie, PEA et CTO. Je vous laisse juge des performances et de l’intérêt de ces Robo-advisors suite à leur bilan pour l’année 2017.

Dans ce cas, je vous conseille de choisir un profil très offensif et de considérer que, dans votre allocation d’actifs, ce Robot-Advisor travaille uniquement sur la classe d’actifs Actions.

Votre capital est protégé par 2 garanties

Enfin, n’oubliez pas que les épargnants bénéficient de plusieurs garanties pris en charge par le FGDR (Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution) et par le FGAP (Fonds de Garantie des assurances de personnes). Ces garanties protègent les supports monétaires (Livrets, comptes bancaires, PEL, CEL, compte espèces des PEA et CTO), les titres (actions, obligations, OPCVM) et le capital déposé sur les contrats d’assurance-vie (à raison de 70 000 euros par assureur).

Cette protection des dépôt atteint 240 000 euros minimum par personne et sont détaillées de manière exhaustive dans cet article, si cela vous intéresse.

Quelques principes d’investissement fondamentaux

Diversifiez encore et toujours

« Le passé ne préjuge pas des performances futures » : cette expression fréquemment utilisée n’a pas pris une ride. Valable pour toutes les classes d’actifs, peu importe la période choisie, elle doit vous pousser à suivre un conseil simple sur la durée : diversifier !

Ce conseil est d’autant plus important si le capital à placer est conséquent : il faut alors détenir toutes les classes d’actifs (actions, obligations, produits monétaires, matières premières, immobilier, pierre papier).

Pensez même à diversifier les actifs financiers à l’intérieur d’une classe d’actifs.

Si vous achetez des actions, ne vous limitez pas à 5 ou 6 titres issus du CAC 40. Diversifiez vers d’autres secteurs géographiques, d’autres tailles de capitalisation, d’autres secteurs d’activité. Si vous débutez, une solution simple et accessible consiste à investir sur des trackers larges (couvrant le marché européen ou mondial), vous permettant de placer votre capital sur des centaines de sociétés en même temps.

Vous pouvez aussi investir dans des fonds d’investissement (OPCVM), certains ont pu délivrer de bonnes performances (mais leurs frais annuels sont conséquents, il ne faut pas l’oublier). 

De même, si vous investissez sur des SCPI, évitez d’acheter une SCPI unique, pensez à vous diversifier entre immobilier commercial (petits commerces ou centres commerciaux), de bureaux, de logement, de santé… idéalement sur plusieurs secteurs géographiques.     

Une bonne diversification :

  • Permet d’être exposée à des facteurs fondamentaux variés
  • Evite au portefeuille d’être sujet à un nombre limité (ou pire, corrélé) de moteurs de performance
  • Amortit et lisse les fluctuations du marché sur le long terme.

Mais elle doit impérativement se faire de manière dynamique en ajustant régulièrement l’allocation d’actifs (selon l’âge de l’investisseur et son horizon de placement) sur les différentes classes d’actifs et supports d’investissement disponibles (assurance-vie, PEA, CTO…).

Acceptez la volatilité et maitrisez vos émotions

La volatilité (l’ampleur des variations du cours d’un actif financier) est inhérente à certaines classes d’actifs (actions, matières premières, or…) et est même parfois accentuée par les surréactions des investisseurs. 

Vous allez devoir apprendre à maitriser vos émotions, afin d’éviter des erreurs. Réussir un investissement exige de la force de caractère. Il faut pouvoir se détacher de ses émotions et conserver son indépendance d’esprit, afin de suivre son plan de marche sans sourciller.

Résister à l’influence des autres, à la tentation de la comparaison permanente, à la pression du marché (qui peut faire perdre raison) seront les défis à relever pour investir sereinement.

Au contraire, l’appât du gain trop rapide, l’avidité, la crainte de louper une opportunité joueront contre vous, en vous poussant à multiplier (de manière inutile) les mouvements au sein de votre portefeuille d’actions ou, pire, vous faire croire à des méthodes miracles proposées sur la toile (vous faire acheter des « formations » qui n’enrichiront que ceux qui les vendent). 

Ces phénomènes font partie de la psychologie de l’investisseur. Vous trouverez facilement de nombreux ouvrages abordant ce sujet : on parle de « finance comportementale ».

Souvent, la majorité des investisseurs suivent une tendance de marché ou investissent dans un actif à la mode, en suivant par exemple une idée vantée par la presse financière. Ce « comportement moutonnier » engendre un flux de capital important vers cet actif (sans raison rationnelle), tout en confortant l’idée de départ, mais rend en même temps cet actif surévalué. Cette surévaluation entraîne tôt ou tard une correction brutale (lors du retournement du sentiment général).

Donc, si vous vous êtes lancé dans le Stock-Picking, n’hésitez pas à agir différemment de l’ensemble du marché, à être contrariant, mais seulement et seulement si les fondamentaux de cet actif vous prouvent que le marché est alors irrationnel.

Pensez « long terme », oubliez le court terme

On ne sait jamais quand le mouvement de balancier entre la hausse et la baisse s’inverse. Avoir une vision sur le long terme permet de mieux traverser les mouvements haussiers et baissiers du marché et surtout d’éviter de rentrer sur les marchés aux pires moments (smiley vert sur le schéma ci-dessus), tout en profitant des opportunités les plus attractives au moment où elles émergent (smiley orange / rouge).

Bien souvent, les investisseurs ont un horizon d’investissement trop court, surveillant leur portefeuille chaque jour, ce qui les pousse à se précipiter sur les titres à la mode surachetés ou, au contraire, à fuir les marchés en pleine phase de panique boursière. Ils ressentent l’urgence d’agir pour se rassurer.

Contrairement aux idées reçues, la patience constitue un atout pour l’investisseur. Prendre des décisions très fréquentes d’investissement peut apporter un sentiment de confort mais, vu la psychologie de l’investisseur, c’est en définitive une source de risque supplémentaire.

Portez une grande attention aux frais

Si la performance d’un actif financier peut être volatile et incertaine, les coûts, eux, ne le sont pas et peuvent rapidement grignoter une partie de la performance de cet actif.

De nombreuses recherches ont montré que, lorsque l’on achète un Fonds OPCVM (surtout dans un contexte de marché où le rendement est faible), les coûts forment l’élément le plus déterminant sur la performance.

Justement, les coûts sont l’un des rares éléments que l’investisseur peut contrôler. Privilégiez donc les options les moins chères pour une classe d’actif donné et n’hésitez pas à recourir aux stratégies passives (basée sur des Trackers) lorsque les gérants actifs sont incapables d’apporter de la valeur.

Long terme et intérêts composés : l’effet boule de neige