Cartes bancaires low-cost (C-Zam, N26…)

Cartes bancaires low-cost : une révolution ?

Depuis quelques mois, l’offre en cartes bancaires low-cost s’est étoffée, et de nouveaux entrants comme C-Zam de Carrefour Banque, N26 ou encore Orange Bank ont rejoint le Compte-Nickel de BNP Paribas, lancé en 2014.

Que valent réellement ces nouvelles cartes bancaires low-cost ? Possèdent-elles des atouts ?

La carte bancaire C-Zam de Carrefour Banque

Cette offre, lancée le 18 avril 2017, est disponible dans les surfaces commerciales gérées par le groupe Carrefour et sur le site Internet du groupe (Rue du Commerce).

La carte bancaire C-Zam est vendue dans un coffret au prix de 5 euros, elle sera activable par smartphone ou via le site Carrefour Banque.

Contrairement aux banques en ligne les plus répandues (comme Boursorama, ING Direct, BforBank, Hello Bank ou encore Fortuneo, voir cet article), la carte bancaire C-Zam ne sera pas totalement gratuite :

  • La carte bancaire sera vendue 5 euros à l’ouverture du compte
  • Le client devra payer 1 € de frais de tenue de compte par mois.

Elle présente toutefois un atout : aucune condition de revenus ou de dépôt mensuel n’est imposée. En contrepartie, peu de services sont proposés (pas de chèques…), comme souvent pour les cartes bancaires low-cost.

Vous trouverez les détails de l’offre de Carrefour Banque dans le tableau comparatif, un peu plus bas.

J’ai rapidement navigué sur le site officiel, pour réaliser cet article. Très vite,  on s’aperçoit qu’il n’est pas vraiment abouti. Par exemple, l’accès aux conditions d’assurance et d’assistance liées à cette carte bleue amène sur cette page :

Pour une banque qui se veut « 100% connectée », pour reprendre les termes exacts du site officiel de Carrefour Banque, je trouve que cela manque quand même un peu de sérieux !

La carte bancaire d'Orange Bank

Il y a quelques semaines, avant de dévoiler son offre, Orange Bank se targuait de devenir « le Free de la banque » et promettait quasiment une révolution dans le secteur. Force est de constater que le tsunami annoncé n’est en fait qu’une petite vaguelette !

Orange Bank ne se démarque pas vraiment des banques en ligne traditionnelles, son offre y ressemblant d’ailleurs fortement.

Les différences notoires résident dans l’absence de condition de revenus et/ou de dépôt mensuel (comme pour C-Zam) et la gestion numérique élargie des services (via smartphone, comme pour l’offre N26).

Bref, « on fait du neuf avec du vieux », on est loin de la révolution évoquée il y a quelques mois…

Les détails de l’offre restent inconnus, ce qui explique les nombreux « ? » dans le tableau comparatif des cartes bancaires low-cost ci-dessous. Ce tableau sera actualisé à la parution officielle des informations manquantes.

La carte bancaire de la néo-banque berlinoise N26

Cette carte bancaire est arrivée en France à la fin de l’année 2016, lancée par une néo-banque allemande, qui étend peu à peu son offre aux pays membres de la zone Euro. Orange Bank s’est d’ailleurs inspirée du modèle proposé par N26 pour lancer son offre.

La carte bancaire de base est gratuite, mais, pour chaque client, N26 vérifie la « capacité de crédit » (ce qui est nommé « pointage de crédit » sur leur site). Il est impossible de connaître les modalités de cette vérification (aucune mention sur ce point sur le site Internet de cette néo-banque allemande). Si un client est jugé en « capacité de crédit insuffisante », N26 le bascule automatiquement vers l’offre N26 Flex.

Les atouts majeurs de N26 résident dans l’absence de commission prélevée pour les opérations réalisées hors zone-SEPA et sa gestion en ligne totale. Parmi les cartes bancaires low-cost de ce comparatif, c’est sans doute la plus intéressante (et innovante) des quatre. Les tarifs (avril 2017) sont ici.

Pour les clients à qui la banque impose l’offre N26 Flex, les conditions évoluent et N26 facture alors les frais suivants (rendant l’offre bien moins séduisante) : 6 € de frais de tenue de compte mensuels, 2€ de frais par retrait d’argent à un guichet automatique… L’offre N26 Flex est donc à fuir, dans ce cas !

La carte bancaire Compte-Nickel

Le succès de ce « compte sans banque » est indéniable, car depuis son lancement en février 2014, cette Fintech a séduit environ 500 000 clients. Au départ, le concept s’adressait à une clientèle fragile (entendre par là, les parias du système bancaire, les personnes en situation d’interdiction bancaire).

Cette carte bancaire est payante (20 € de cotisation annuelle payée directement au buraliste, chaque retrait d’espèces est facturé 1 €, chaque dépôt d’espèces sur le compte – chez le buraliste – est soumis à 2% de frais) et ses fonctionnalités réduites au minimum.

A priori, selon de nombreux témoignages, Compte-Nickel serait aujourd’hui victime de son succès (service téléphonique injoignable). Toutefois, l’offre Compte-Nickel a été racheté par BNP Paribas il y a quelques semaines, elle serait toute proche de la rentabilité.

En réalité, par les frais prélevés et l’offre minimaliste, cette offre n’est pas une alternative sérieuse aux cartes bancaires proposées par les banques en ligne. Parmi les cartes bancaires low-cost de ce comparatif, Compte-Nickel est celle qui l’est (low-cost) le moins.

Ces cartes bancaires low-cost ont-elles un intérêt ?

Le secteur des cartes bancaires gratuites (ou presque) est très concurrentiel. Les acteurs classiques du secteur, c’est-à-dire les banques en ligne comme Fortuneo, Boursorama, ING Direct, Hello Bank, BforBank ou encore Monabanq (voir ce comparatif exhaustif), les proposent depuis des années !

Légitimement, en tant que client potentiel, on peut se demander ce que Carrefour ou Orange peuvent apporter de plus. Si l’on compare les offres des uns et des autres, il n’y a aucun avantage à préférer ces cartes bancaires low-cost à celles des banques en ligne classiques (Fortuneo, Boursorama…) ! Pour les (simples) raisons suivantes :

  • Leurs cartes bancaires ne sont pas vraiment 100% gratuites
  • Leurs cartes bancaires sont des cartes classiques (et non des Mastercard Gold ou Visa Premier) !
  • Leurs services d’assistance et d’assurance sont donc sans intérêt (ils couvrent beaucoup moins que ceux d’une carte Gold ou Premier, voir cet article)

Par contre, trouver les raisons expliquant pourquoi Carrefour ou Orange veulent absolument s’y engouffrer est beaucoup plus simple. Orange disposerait des coordonnées (par le biais des abonnements de téléphonie) de 40 millions d’individus, Carrefour dispose d’un fichier clients gigantesque par le biais de ses cartes de fidélité (98% des clients de l’enseigne possèdent une carte de fidélité !). On comprend aisément le « potentiel économique » que représente ce créneau pour Carrefour Banque et Orange Bank ! D’ailleurs, la Banque Postale va, elle aussi, participer au « bal des néo-banques » (dès septembre 2018), afin de lutter contre l’érosion de son bénéfice net.

Certains affirmeront sans doute que pour ces 4 offres de cartes bancaires low-cost, que ce soit chez Carrefour Banque, Orange Bank ou N26, il y a aucune condition de versement mensuel (ou de revenus) pour souscrire à ces nouvelles offres de cartes bancaires low-cost.

Certes… mais, dans ce cas, l’intérêt d’avoir une carte bancaire – si l’on ne souhaite pas l’utiliser au quotidien et donc ne pas l’alimenter régulièrement – est inexistant. A moins, de souhaiter multiplier les cartes bancaires (au point de les collectionner) !

Quelles cartes bancaires privilégier ?

A mon sens, les cartes bancaires low-cost comme C-Zam, N26, Compte-Nickel ou Orange Bank ne présentent qu’un intérêt limité.

Il n’y a pas de raison de se détourner des cartes bancaires des banques en ligne traditionnelles. Je vous conseille personnellement celles de Fortuneo et/ou Boursorama, car, de mon point de vue, elles offrent ces avantages :

  • Elles sont gratuites (avec des conditions d’usage moins strictes)
  • Elles sont facilement accessibles (voir ce comparatif)
  • Elles proposent des cartes Mastercard Gold ou Visa Premier, bien plus intéressantes
  • Elles offrent des conditions d’assurance et d’assistance bien supérieures (lire cet article).
  • Elles sont proposées par des banques (et non par des sociétés multipliant leurs secteurs d’activité, motivées avant tout par le profit).
  • Elles sont déjà rentables pour la plupart (comme le montre cet article)

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