Trackers ETF : les bases pour bien comprendre

Trackers ETF : un investissement idéal ?

Les Trackers ont connu un extraordinaire engouement ces dernières années, intégrant de plus en plus de PEA, de CTO ou de contrats d’assurance-vie, devenant incontournables pour certains investisseurs.

Qu’est-ce qu’un Tracker (ou ETF) ?

Comment fonctionne ce véhicule d’investissement ?

ETF / Trackers : comment fonctionnent-ils ?

Un ETF est un fonds indiciel côté

Un ETF (surnommé parfois « Tracker ») est un Exchange Traded Fund, c’est-à-dire en quelque sorte, un « OPCVM indiciel », coté en Bourse en continu (soit aux heures classiques d’ouverture des places boursières). Les parts d’ETF sont donc négociables à l’achat et à la vente, en temps réel, comme n’importe quelle action cotée en Bourse.

Les ETF sont apparus aux Etats-Unis au début des années 1990, bien avant d’être lancés en France (en 2001). En France, les Trackers doivent respecter les règles du marché Euronext, de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), et les directives européennes (UCITS) : publication d’un Document Clé d’Information pour l’Investisseur (DICI), etc. Depuis, le nombre de Trackers disponibles (et leurs encours) ne cessent de progresser, comme le montre ce graphique (issu d’un document édité par Lyxor).

Un ETF est géré par une société de gestion, chargée de centraliser les ordres d’achat/vente, d’acheter et de vendre les composants de l’indice de référence à répliquer (voir plus bas), de collecter les dividendes, de gérer les opérations de swap (en cas de réplication synthétique, voir plus bas), etc.

En somme, une gestion très administrative et assez limitée (et donc peu onéreuse en frais de gestion, voir plus bas).

Un ETF a toujours comme objectif de répliquer les variations d’un actif, d’un indice de référence, à la hausse comme à la baisse, défini et calculé par un fournisseur tiers (lui servant donc de benchmark). L’équipe de gestion ne cherche pas à surperformer cet indice de référence (pas de stock-picking, de sélection de titres selon le contexte macro-économique ou selon la valorisation propre à chaque valeur entrant dans sa composition…. Ces raisons expliquent pourquoi on parle de « gestion passive » lorsque l’on évoque les Trackers.

L’indice de référence que le Tracker va répliquer (ou « pister », « track » en anglais) est parfois aussi nommé « sous-jacent ».

Un ETF piste toujours un sous-jacent

Une grande variété de sous-jacents

Il existe tellement de sous-jacents (environ 350) qu’il est impossible de tous les nommer. Toutefois, pour schématiser, en voici quelques-uns, sachant qu’un sous-jacent peut concerner toutes les classes d’actifs.

  • Un indice boursier en actions (comme le CAC40, le Dow Jones, l’Euro Stoxx 50, le World…), cas le plus fréquent

Exemple : Amundi CAC40 UCITS

  • Un indice boursier en obligations

Exemple : iShares France Government Bond UCITS

  • Un secteur d’activité spécifique (finances, nouvelles technologies, consommation discrétionnaire, santé, télécommunications…)

Exemple : SPDR MSCI Europe Technology UCITS)

  • De l’immobilier coté (souvent classé par zone géographique)

Exemple : Lyxor FTSE EPRA/NAREIT Global Developed UCITS

  • Des matières premières (mines, produits agricoles…)

Exemple : Amundi MSCI Europe Energy UCITS

  • Des matières précieuses (or, argent…)

Exemple : DB Physical Gold ETC

  • Des devises

Exemple : Lyxor Euro Cash UCITS

Dans le cas de la France, le marché des Trackers listés sur Euronext Paris (c’est-à-dire en incluant des ETF étrangers listés en France et en excluant les ETF français listés à l’étranger) se compose de 477 Trackers (selon un document édité par l’AMF en février 2017).

Un exemple : les Trackers pistant le CAC40

Un Tracker CAC40 cherchera à délivrer une performance identique à celle de l’indice CAC40, tout en répliquant sa composition et le poids de chaque entreprise dans l’indice. Pour rappel, un indice est une moyenne pondérée d’une sélection de valeurs. Ainsi, le CAC40 (l’indice majeur de la Bourse de Paris) regroupe les 40 entreprises ayant la capitalisation flottante la plus importante sur Euronext Paris. La composition du CAC40 est révisée tous les trimestres.

Vous pouvez trouver les règles précises définissant la composition des indices CAC sur ce document, issu du site Euronext.

Techniquement, un ETF CAC40 peut être considéré comme une sorte d’OPCVM qui achètera les actions des entreprises composant le CAC40 dans une proportion identique à celle de l’indice. Selon ce document officiel (extrait du site Euronext), le CAC40 est composé de ces 40 entreprises, dans ces proportions :

En achetant un Tracker CAC40, vous achetez donc ces 40 entreprises en même temps (en une transaction), ce qui vous offre déjà une certaine diversification. Le concept est le même pour tous les Trackers, quelle que soit la classe d’actifs.

Un ETF est à réplication physique ou synthétique

La réplication de l’indice de référence sous-jacent peut être de 2 types : physique ou synthétique.

Quelles différences entre ces deux types de réplication ? L’un est-il meilleur que l’autre ?

Les ETF à réplication physique

Dans ce cas, le gestionnaire du fonds gère l’ETF comme un fonds indiciel traditionnel. Il détient alors réellement (et dans leur intégralité) les valeurs en portefeuille, il doit suivre l’évolution de ce panier de valeurs, afin de répliquer au mieux l’indice de référence (dont la valeur évolue au gré des marchés boursiers). L’investisseur connaît donc exactement la composition de l’ETF, ce qui lui offre une transparence totale (et le rassure aussi parfois).

Par contre, le rééquilibrage du portefeuille en raison des changements de la composition de l’indice de référence engendre des coûts de transaction non-négligeables pour les Trackers physiques (et donc, pour l’investisseur, des frais de gestion supérieurs aux ETF synthétiques). En quelque sorte, la « sérénité se paye ».

Lorsque l’indice à répliquer est composé de titres cotés sur des bourses liquides et peu coûteuses (comme les Etats-Unis, la France, l’Allemagne…), la réplication physique est la plus utilisée.

Parfois, un gestionnaire peut appliquer une réplication par échantillonnage (qui dérive de la réplication physique). Dans ce cas, le gestionnaire sélectionne seulement une partie des valeurs de l’indice de référence, mais une partie suffisamment représentative, capable de répliquer la performance avec une marge d’erreur limitée. Cette approche est utilisée lorsque les indices répliqués sont composés d’un très grand nombre de titres.

Par exemple, l’ETF iShares répliquant le MSCI World Index ne réplique que 700 des 1800 titres composant cet indice, ce qui permet à la société de gestion d’optimiser les coûts de réplication.

Les ETF à réplication synthétique

Une gestion de ce type comporte également des titres physiques (donc réels), mais utilise également un contrat d’échange de performance (appelé « contrat Swap », « TRS » ou « Total Return Swap ») avec une contrepartie (généralement des banques d’investissement, des courtiers en actions ou d’autres institutions financières). Un contrat Swap est donc un contrat signé entre l’émetteur de l‘ETF et un tiers, prévoyant un échange de flux de trésorerie.

Un contrat de ce type permet d’investir sur des titres sans rapport avec ceux de l’indice de référence (parfois sur des produits dérivés, issus des marchés à terme). Ces titres forment alors un « panier de substitution » ou un « panier de collatéral ». Par ce contrat, l’émetteur de l’ETF échange la performance du panier de collatéral contre la performance de l’indice de référence à répliquer (que la contrepartie s’est engagée à assurer, en signant le contrat Swap). Par conséquent, l’actif du Tracker est composé d’un panier de valeurs ne composant pas forcément l’indice de référence à répliquer.

Dans ce mécanisme, la société de gestion émet des parts d’ETF au profit d’un AP en échange de liquidités. Avec ces liquidités, elle acquiert le panier de substitution de titres auprès de la contrepartie du Swap tout en signant un contrat de Swap sur le rendement total avec la contrepartie. Dans le swap, le rendement généré par le panier de substitution est versé à la contrepartie, tandis que cette dernière paie le rendement de l’indice de référence à l’ETF (après déduction des frais liés au swap). Dans cette structure, la société de gestion détient les actifs du panier de substitution.

Cette méthode de réplication est souvent choisie, lorsque l’indice à répliquer est composé de titres cotés sur plusieurs bourses différentes « compliquées à répliquer » (Finlande, Islande, Norvège, Grèce…) ou des bourses nécessitant des licences spéciales (Chine…).

Les Trackers ETF à réplication synthétique sont parfois décriés en raison du risque de contrepartie (voir plus bas) qu’ils font courir aux investisseurs. Toutefois, ils présentent aussi plusieurs avantages.

  1. Ils rendent accessibles, au sein d’un PEA (en principe réservé aux titres européens), des indices non-européens (car le sous-jacent peut avoir jusque 25% d’actions non-européennes).
  2. Ils offrent aux investisseurs des frais de gestion moindres (et donc, par corrélation, une augmentation potentielle de la performance), car ce type de réplication s’avère moins coûteux pour les sociétés de gestion.
  3. Ils offrent un écart de rendement avec l’indice de référence (appelé « Tracking Error ») plus réduit que les Trackers physiques (en raison des frais courants moins élevés et d’une meilleure gestion des dividendes).
  4. Ils donnent accès à des marchés pointus, qui restent parfois peu accessibles en réplication physique.

Le rôle des Authorized Participants (AP) sur le marché des ETF

Pour chaque ETF, le nombre de parts en circulation est ajustée (selon la demande), chaque jour, sur le marché primaire, afin de suivre l’évolution de la valeur liquidative du sous-jacent. Ce processus de création / destruction est confié aux Authorized Participants (AP, participants autorisés), généralement des courtiers-négociants très importants ou des banques.

Chaque jour, l’émetteur de l’ETF publie le « panier de création » (Perfect Basket) : une liste de titres à acquérir (afin de constituer un panier représentatif de l’indice, qui déterminera la Valeur liquidative de l’ETF sur la base des prix du marché des titres composant ce panier).

Pour créer de nouvelles parts d’ETF, l’AP apporte du numéraire ou fournit le Perfect Basket à la société gérant l’ETF et reçoit en retour une part de création (« Creation Unit »). Une part de création peut être assimilé à un gros bloc de parts d’ETF (souvent 50000). L’AP peut ensuite vendre les parts d’ETF sur le marché secondaire.

Une part de création est liquidée lorsqu’un AP rend le nombre de parts spécifié à la société de gestion en échange du panier de rachat quotidien (identique au panier de création).

Lorsque le prix des parts d’ETF augmente, l’AP peut estimer rentable de créer des parts en achetant les titres sous-jacents, pour les échanger contre des Creation Unit, afin de pouvoir vendre les nouvelles parts d’ETF sur le marché secondaire. Au contraire, lorsque le prix des parts d’ETF diminue, l’AP peut acheter des parts sur le marché secondaire et les revendre à la société de gestion contre les titres sous-jacents.

Ces opérations (en quelque sorte des activités d’arbitrage) permettent de maintenir le prix des parts d’ETF (fixé par le marché) à un niveau proche de la valeur de marché des actifs sous-jacents. En même temps, elles assurent la liquidité des Trackers. Bien entendu, ces « animateurs de marché » se rémunèrent par la légère différence entre l’achat et la vente (l’écart maximale est d’ailleurs réglementé, ne pouvant dépasser 1.50% de la valeur liquidative).

Les AP ont donc deux rôles essentiels :

  • Ils assurent que les parts de Trackers ne s’éloignent pas de la valeur de marché des actifs du sous-jacent.
  • Ils assurent la liquidité du marché des Trackers ETF (comme Market-Maker)

Voilà une récapitulatif sommaire (publié par Vanguard) comparant la réplication physique à la réplication synthétique.

Un ETF est proposé par différents émetteurs

Les organismes financiers à l’origine des Trackers sont de plus en plus nombreux, mais les plus connus en Europe sont Amundi, Lyxor, ou encore Deutsche Bank (DB x-Trackers). Aucune société émettrice n’est réellement meilleure que les autres. En sélectionner une dépendra davantage des possibilités offertes par votre courtier ou des critères qui j’aborderais dans un prochain article.

Ce graphique, issu d’un rapport publié par l’AMF en février 2017, dresse un état des lieux des sociétés émettrices de Trackers ETF, en France.

ETF / Trackers : comment ça coûte ?

Frais de courtage

Sur ce point, la simplicité est de mise ! Pour négocier un Tracker en bourse, il suffit de transmettre un ordre d’achat ou de vente, par l’intermédiaire de votre courtier. Les frais de courtage prélevés par votre courtier dépendront du montant investi, comme pour l’achat d’un titre vif.

Veillez simplement à choisir un courtier offrant des frais de courtage intéressants (vous pouvez consultez ce comparatif pour choisir un bon courtier).

Le succès des Trackers tient, en partie, aux frais très limités qu’ils demandent : ils ne requièrent pas de droits d’entrée ou de sortie sur le marché secondaire (au contraire des OPCVM traditionnels).

Fiscalité

La fiscalité des revenus versés par un ETF (distribution de dividendes) et des plus-values est calquée sur celle des valeurs mobilières. La fiscalité dépend donc du mode de détention des Trackers.

Détention dans un CTO

Les dividendes et plus-values s’ajoutent au revenu imposable et sont donc soumis au barème de l’impôt sur le revenu. S’il a investi dans un ETF actions, le porteur de parts peut avoir droit à un abattement fiscal :

  • de 40% sur le dividende perçu
  • de 50% sur la plus-value en cas de durée de détention comprise entre 2 et 8 ans
  • de 65% sur la plus-value en cas de durée de détention d’au moins 8 ans

En revanche, les prélèvements sociaux (taux global de 15,5%) s’appliquent aux montants bruts perçus, donc sans abattement. Une quote-part de CSG (5,1%) est déductible des revenus l’année suivante.

Détention dans un PEA

La gestion du portefeuille s’effectue en franchise d’impôt (la plus-value n’est pas taxable en l’absence de retrait du PEA). Si le PEA est clôturé au-delà de 5 ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu mais pas de prélèvements sociaux (CSG, CRDS, etc.), soit 15,5%.

Détention dans un contrat d’assurance-vie

Les gains sont soumis au régime d’imposition de l’assurance vie. La fiscalité s’applique à l’occasion d’un rachat (partiel ou total). L’impôt effectif dépend de plusieurs paramètres : ancienneté du contrat, part de gains dans le rachat, option fiscale choisie lors du rachat (imposition au barème de l’impôt ou prélèvement forfaitaire libératoire). Ces points seront détaillés ultérieurement, dans un article dédié.

Dans tous les cas, les prélèvements sociaux sont dus au taux de 15,5%.

ETF / Trackers : quels sont leurs avantages ?

Des frais très limités

Etant donné que les Trackers ETF sont gérés de façon « passive », leurs coûts d’investissement sont faibles.

En moyenne, un ETF affiche donc un TFE (Total des Frais sur Encours), assimilable aux frais de gestion annuels, aux alentours de 0.40% annuels (source : La lettre de l’Observatoire de l’épargne de l’AMF, n°20, Octobre 2016). Certains Trackers descendent même sous les 0.10%, alors que les plus chargés en frais se situent à 0.80%. De plus, les Trackers ne prélèvent aucun frais d’entrée ou de sortie (car ils sont négociés comme les actions), aucune commission de surperformance, etc.

Ces frais sont à comparer avec ceux prélevés par les OPCVM classiques gérés de façon active (voir cet article), bien supérieurs (aux alentours de 2.00% annuels selon l’AMF) !

Une transparence à plusieurs niveaux

Sur la composition

Un ETF réplique les composants de son indice sous-jacent. La législation oblige les émetteurs des ETF de publier les listes de composants des sous-jacents, ce qui assure un totale transparence. Ainsi, cela permet de choisir les Trackers les mieux adaptés à son plan d’investissement. De même, la gestion du dividende est clairement fixée, dès le départ (capitalisation ou versements périodiques).

A contrario, acheter un OPCVM classique ne permet pas de connaître sa composition totale (les DICI n’indiquent que les principales lignes, souvent les dix premières).

Enfin, les Trackers donnent accès à certaines classes d’actifs (comme les matières premières) qui ne sont pas éligibles aux investissements en direct par les OPCVM.

Sur le prix d’achat ou de vente

Comme un Tracker se négocie en Bourse, en continu (à l’image d’une action), les ordres sont passés en temps réel au prix que vous fixez vous-même. Ce n’est pas le cas des OPCVM classiques, pour lesquels les ordres sont passés à un « cours inconnu », le jour du calcul de la Valeur liquidative, parfois plusieurs jours plus tard (voir cet article).

Sur la performance

Un Tracker a un seul objectif, clair et précis : suivre la performance de son indice de référence. Schématiquement, si le CAC40 gagne 2%, les Trackers suivant cet indice gagneront 2% également. Soulignons tout de même que la performance d’un Tracker est générée par la différence entre l’évolution des actifs du sous-jacent et les frais de gestion prélevés par la société émettrice. Il y a donc parfois des différences entre la performance du Tracker et du sous-jacent.

Pour ainsi dire, un Tracker capte la quasi-intégralité de la performance de son indice de référence. Un gérant « actif » d’un OPCVM classique peut faire mieux (s’il est très efficace), mais il part avec un handicap de 2 % (en moyenne) chaque année (représentatif des frais de gestion qu’il prélève).

Or, il faut savoir que ¾ des gérants actifs sont incapables de battre leur indice de référence (jetez un oeil à cet article). Ce graphique (issu du site de Lyxor) compare les performances des fonds actifs et de leurs indices (qui l’on peut assimiler aux ETF) pour l’Europe, sur 1 ans, 3 ans, 5 ans et 10 ans. Le résultat est sans équivoque : sur 10 ans, seuls 29% des gérants actifs ont fait mieux que leurs indices ! Sachant qu’il est impossible pour l’investisseur d’identifier à l’avance les gérants actifs qui feront mieux que leurs indices, autant investir sur des Trackers ETF, à condition d’avoir de bons critères de sélection (ils sont présentés dans cet article).

Si ces comparaisons vous intéressent, Lyxor a mis en ligne un comparateur interactif (par classes d’actifs, par zones géographiques, par capitalisations…), je vous invite à l’utiliser car il est très explicite. Il vous montrera aussi que sur certaines classes d’actifs spécifiques (comme les petites capitalisations), le choix d’un ETF peut être discutables.

Vous pouvez aussi consulter cet article, qui détaille et explique la totalité des frais prélevés par un OPCVM.

Facilité d’accès et liquidité

Tout d’abord, il est possible d’investir sur les Trackers à travers différentes enveloppes de détention :

  • dans un Compte-Titres Ordinaire (CTO)
  • dans un PEA (Plan d’Epargne en Actions, pour les trackers éligibles, c’est-à-dire investis à 75%, au minimum, dans des sociétés ayant leur siège en France ou dans un Etat membre de la Communauté européenne),
  • dans un contrat d’assurance vie multi-supports, sous réserve de disponibilité bien évidemment (aujourd’hui, un contrat d’assurance-vie performant doit absolument donner accès aux Trackers, je vous conseille de parcourir ce comparatif, si ce n’est pas déjà fait).

Ensuite, les Trackers ETF sont négociables en continu et peuvent ainsi être achetés/vendus toute la journée pendant les horaires de cotation (il suffit de passer un ordre auprès de votre intermédiaire financier, de la même manière que pour les actions). En France, les horaires de cotation sur les marchés au comptant d’Euronext s’étalent de 9h05 (après le fixing d’ouverture) à 17h30 (avec un fixing de clôture à 17h35).

Comme pour les actions, il est possible d’utiliser plusieurs types d’ordres différents : ordre à cours limité, au marché, indexé et à déclenchement (seuil ou plage).

La Valeur Liquidative d’un Tracker est calculée en temps réel, alors que la fréquence de valorisation d’un OPCVM traditionnel est (dans le meilleur des cas) quotidienne. Un ETF est donc, en principe, plus liquide qu’un OPCVM classique. Dans le choix d’un ETF, il convient toutefois de s’assurer que le volume quotidien échangé moyen soit relativement conséquent (car il garantit cette liquidité) et que la fourchette avant/vente (appelée « spread ») soit réduite. Je vous invite à découvrir les critères importants de sélection des Trackers dans cet autre article.

Une diversification du portefeuille

Enfin, le fonctionnement même des Trackers procure un investissement diversifié, et par corrélation, un formidable outil de répartition des risques. En effet, il offre aux investisseurs la possibilité de se constituer, simplement et à moindre coût, un portefeuille diversifié (parfois sur plusieurs centaines d’entreprises lorsque le Tracker est très large) ouvert sur les marchés mondiaux.

Les Trackers ETF sont également pertinents lorsqu’il s’agit d’investir sur des marchés lointains (marchés émergents…), plutôt que sélectionner quelques valeurs de ces places (d’ailleurs souvent non accessibles auprès des courtiers en ligne). Voir même sur des marchés peu accessibles comme les obligations du secteur privé.

Les ETF les plus larges couvrent une majeure partie des marché boursiers mondiaux. Par exemple, un Tracker répliquant l’indice World vous permet d’acheter 80% de la capitalisation mondiale et 2500 entreprises d’un seul clic de souris (voir cet article).

Avec un avantage notoire : inutile d’acquérir toutes les entreprises une par une composant tel ou tel indice, donc forcément, beaucoup moins de frais de courtage.

ETF / Trackers : quels sont leurs risques ?

Un risque en capital

La valeur de l’ETF augmente et baisse, en corrélation avec l’évolution de l’indice sous-jacent. L’investisseur est donc exposé à tous les risques liés aux actifs sous-jacents qui composent l’indice (comme pour toute action en bourse).

Ce risque est d’autant plus important que l’indice répliqué est particulier ou réduit à un secteur très spécifique. Plus l’indice est concentré, plus la volatilité et le risque de perte est important (car un unique événement imprévisible peut avoir un impact sur l’indice tout entier et, par conséquent, sur le Tracker qui le réplique). C’est pour cela qu’il est toujours préférable d’utiliser des Trackers suffisamment larges.

Cela dit, ce risque en capital concerne aussi les titres vifs classiques : toute action peut voir son cours chuter, suite à tel ou tel événement ou telle ou telle rumeur…

Un risque de Tracking Error

Le Tracker se rapproche l’indice sous-jacent le plus possible. Toutefois, des erreurs de réplication peuvent apparaitre. Elles découlent de l’imputation des frais de gestion, de la distribution ou non de dividendes, de la concordance imparfaite de la composition du Tracker par rapport à l’indice (par choix, ou parce que la liquidité d’un titre est insuffisante).

Un risque de défaut de contrepartie

Un ETF adossé à des Swaps comporte un risque de contrepartie.

Tout d’abord, si la contrepartie du swap fait défaut (suite à une faillite par exemple), l’ETF n’a plus de valeur. Il convient toutefois de rappeler que les contreparties sont la plupart du temps des banques solides, cette éventualité est donc peu probable.

Autre cas, si le rendement de l’indice de référence est supérieur à celui du panier de substitution au cours d’une période donnée couverte par le Swap, les investisseurs sont exposés au risque de contrepartie à hauteur de cette différence, si la contrepartie manque à son engagement envers la société émettrice de l’ETF.

Dans le cas ci-dessus, on suppose un investissement dans une part d’ETF de 100 USD et un indice de référence de 100 USG également. Le gérant de l’ETF utilise la somme investie de 100 USD pour acheter un panier de substitution et conclure un contrat de Swap avec une contrepartie, qui garantit le rendement de l’indice de référence. A ce stade, le risque est nul.

Si l’indice de référence augmente de 4% à 104 USD, alors que la valeur du panier de substitution ne change pas, l’exposition au risque de contrepartie de l’investisseur sera de (104-100)/104 = 3,85%.

Comme en Europe, conformément aux directives européennes, l’exposition d’un fonds aux contreparties ne peut pas excéder 10% de la valeur liquidative du fonds, les gérants d’ETF concluent des contrats de Swap qui se réactualisent (ou parle de « reset ») lorsque le risque de contrepartie atteint le seuil donné.

Le risque de contrepartie concerne aussi les ETF en réplication physique.

Simplement car les ETF de ce type, détenant physiquement des titres en portefeuille, ont souvent recours au prêt des titres pour générer des revenus additionnels, réduire les coûts de gestion, et donc accroître leur performance ou réduire.

Toutefois, il ne faut pas exagérer ce risque de contrepartie au point de bannir les ETF des portefeuilles boursiers ! En effet, en Europe, des études ont prouvé que la part de titres prêtés constamment par un ETF n’excède jamais 5% (selon une étude réalisée par Vanguard).

Un risque de "déstabilisation" des marchés ?

Certains investisseurs, critiques envers l’investissement passif, pointent du doigt les Trackers ETF, en les accusant de fausser la valeur de certains titres – de contribuer artificiellement à leur hausse – par leurs achats massifs (via les contrats Swap). D’autres imaginent même les Trackers ETF pouvoir, un jour, « déstabiliser » les marchés boursiers.

Certes, les Trackers ETF prennent de l’importance, année après année, mais leur part dans l’encours global sous gestion dans le monde reste encore très modeste (moins de 15%) ! En Europe, la part des ETF est même négligeable : l’AMF a publié en début d’année 2017 ce tableau montrant le taux d’emprise des Trackers ETF pour quelques sous-jacents. Difficile d’imaginer les Trackers ETF faire vaciller le marché boursier européen avec 1% des encours !

ETF / Trackers : investir sur tous les marchés

Il existe des ETF sur toutes les classes d‘actifs, même si les ETF sur actions dominent (80% des encours aux Etats-Unis, 67% en Europe et même 85% en France). Voici un petit aperçu, extrait d’un présentation Euronext.

Les ETF « classiques »

Les ETF sur indices actions sélectionnent les indices à répliquer selon 4 critères :

  • La zone géographique (un espace large, une région – pays émergents, pays développés… -, un seul pays…)
  • La taille des entreprises (Small cap, Mid cap, large cap…)
  • Le style (Growth, Value, dividendes…)
  • Le secteur d’activité (finances, transports, biens de consommation…)

Les ETF sur obligations sont, eux aussi, très variés. La gamme repose sur plusieurs critères : zone géographique, qualité du crédit, duration, secteur d’activité (obligations d’entreprises, d’Etat…)…

Les ETF sur matières premières sont beaucoup moins nombreux (ils ne représentent d’ailleurs que 3% des encours en Europe). Ils répliquent toutefois la performance de plusieurs sous-jacents : métaux ferreux, métaux précieux, produits agricoles…

Les ETF « stratégiques »

Ensuite, des ETF plus sophistiqués, plus évolués, ont été lancés plus récemment.

Les ETF Absolute Return essayent de délivrer un rendement positif quelle que soit l’évolution des marchés. Ils ne se réfèrent pas aux indices traditionnels et bénéficient d’une latitude très large d’allocation et de diversification des actifs en portefeuille.

Les ETF Smart Beta n’ont pas vocation à répliquer un indice classique. Ils suivent un indice dont la composition reflète une stratégie de trading (c’est pourquoi on parle parfois de « Strategic Beta » ou de « Advanced Beta »), avec l’objectif de générer une surperformance par rapport à son benchmark ou de minimiser les risques du portefeuille.

La stratégie prédéfinie est alors basée sur un ou plusieurs facteurs, tout en conservant l’ensemble des caractéristiques des Trackers (cotation en continu, frais de gestion réduits, diversification). La gestion des ETF Smart Beta se trouve donc à mi-chemin entre la gestion passive des ETF classiques (répliquant un sous-jacent) et la gestion active des OPCVM traditionnels.

Toutefois, les ETF Smart Beta sont aussi basés sur des indices déterminés de façon systématique.

Les ETF Smart Beta peuvent reposer sur différentes stratégies d’investissement :

  • Taille des entreprises : surpondération des petites valeurs (Low Size factor)…
  • Volatilité limitée (Minimum Variance ou Low Volatility) : se concentrer sur les actions de l’indice dont les cours sont les moins fluctuants (et par conséquent,  la performance boursière plus régulière).

Par exemple, l’émetteur SPDR a créé un ETF pistant l’indice S&P 500 Low Volatility : il sélectionne les 100 sociétés les moins volatiles du S&P 500, puis les pondère par l’inverse de cette volatilité.

  • Momentum : sélectionner les titres qui ont le plus augmenté depuis une période donnée (souvent 6 ou 12 mois)
  • Sous-évaluation (Value) : privilégier des titres décotés (sur la base de plusieurs critères : rapport cours/bénéfices, ratio cours/actif net, etc)
  • Dividendes « attractifs » et garantis (Quality Income) : des dividendes réguliers augmentent le rendement à très long terme
  • Etude fondamentale (Quality) : sélectionner les titres de l’indice ayant la meilleure qualité (en se basant sur plusieurs critères : rentabilité des capitaux propres, endettement faible, régularité des profits…)

Les indices Rafi sélectionnent, par exemple, les valeurs des grands indices américains ou européens en fonction de quatre critères : la valeur comptable, le cash-flow, les dividendes, le chiffre d’affaires.

  • Multi-factor (prise en compte de plusieurs facteurs de risque : momentum, faible beta, …)
  • Etc

Chaque émetteur utilise ses propres appellations pour désigner les stratégies utilisées. Vous trouverez sur le site des émetteurs (Lyxor, Amundi, Vanguard…) les références précises de ces ETF Smart Beta.

Par ailleurs, il faut être conscient que le terme Smart Beta est à la mode et que les émetteurs surfent sur ce phénomène. Les ETF Smart Beta englobent parfois « tout et n’importe quoi », et sous prétexte d’offrir des stratégies évoluées, les frais courants deviennent parfois exagérés (supérieurs à 0,5%).

Chaque investisseur doit impérativement prendre le soin de lire les DICI de ces ETF, de vérifier la hauteur des frais, de se documenter sur la méthodologie utilisée par la société de gestion, de vérifier que les encours de ces ETF soient conséquents. Certains émetteurs tiennent à offrir une documentation étoffée, voire de qualité, sur ces ETF Smart Beta : c’est par exemple le cas de BlackRock iShares. Naturellement, sur ce site, un certain parti-pris apparait de temps en temps, mais il faut louer son effort pédagogique et une relative transparence dans les informations. Là aussi, je vous invite à parcourir cette section, bien construite…

Une stratégie mal expliquée dans les DICI est, à mon humble avis, une bonne raison de ne pas investir dans un ETF !

MorningStar a publié, en 2014, une étude (A global guide to Strategic-Beta ETP) qu’il peut être utile de parcourir si le sujet vous intéresse. Il s’agit davantage d’un « état des lieux » sur les ETF Smart-Beta, par zones géographiques, qu’une étude évaluant leur intérêt ou leur efficacité par rapport aux ETF classiques.

Les ETF « actifs »

Enfin, on trouve aussi des ETF leveragés ou inversés, plus exotiques, et soyons honnêtes, plus risqués.

Les ETF leveragés (« Leveraged ») ou à effet de levier achètent des titres composant l’indice sous-jacent à répliquer, mais les associent à une position longue sur futures ou à des Total Return Swap sur l’indice répliqué. Les niveaux de levier varient d’une législation à une autre (en Europe, le cadre légal limite le levier à x2 sur les OPCVM). Ces ETF amplifient l’évolution d’un indice boursier : un ETF à levier 2 multiplie ainsi par deux l’évolution de l’indice…

Les ETF inversés ont, par contre, une position vendeuse (appelée « Short ») sur les indices répliqués afin de délivrer une performance inverse à cette classe d’actif. Ces ETF permettent donc de spéculer sur la baisse d’un indice (généralement un indice actions important comme le CAC 40, le S&P 500, le Nasdaq 100…).

Le Tracker BX4 (Lyxor CAC40 Daily Double Short UCITS) rentre, par exemple, dans cette catégorie. Lorsque le CAC 40 perd 2%, ce Tracker Short avec levier x2 procure théoriquement une performance positive de 4%. Vous pourrez trouver le DICI sur ce lien.

Par conséquent, ces ETF peuvent aussi être utilisés pour couvrir un portefeuille d’actions contre une baisse des marchés. Il existe aussi des ETF à effet de levier inversé, combinant stratégie short et effet de levier.

Il faut avoir conscience que l’utilisation de ce type de Trackers présente des risques conséquents.

En définitive, que penser des ETF / Trackers ?

Après 30 ans d’existence environ, le succès des ETF ne se dément pas… Année après année, les encours des Trackers ne cessent d’augmenter, sans doute en raison de leurs faibles frais, de la difficulté pour les OPCVM en gestion active de surperformer leurs indices de référence et de la démocratisation du courtage en ligne.

Certains les accusent parfois de tous les maux (sans pour autant pouvoir le prouver), mais les chiffres ne mentent pas, leur progression est indéniable et n’est pas prête de s’arrêter, à mon humble avis.

Les Trackers forment un véhicule d’investissement intéressant, avec leurs qualités et leurs inconvénients… Certes, ils n’offrent pas le plaisir de détenir de réelles parts de sociétés, comme pour les titres vifs. Mais pour un investisseur souhaitant un minimum de réflexion sur ses placements, ou pour une personne qui débuterait sur les marchés boursiers, les ETF sont une excellente alternative aux titres vifs ou aux OPCVM (sachant, de plus, que 80% des gérants actifs sont incapables de battre leurs indices de référence, comme le montre cet article).

Si la lecture de cet article, plutôt exhaustif et parfois technique, vous a fait parfois « décroché », voilà une petite vidéo de quelques minutes (éditée par Lyxor), qui résume très sommairement le fonctionnement d’un ETF.

Vous pouvez continuer votre lecture sur le sujet, avec cet article. Il présente les critères importants pour sélectionner les meilleurs ETF.

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